La pharmacovigilance est la surveillance des médicaments et la prévention du risque d’effet indésirable résultant de leur utilisation. Quel lien pourrait exister avec la télémédecine ?

La pharmacovigilance permet de surveiller la sécurité des médicaments afin de permettre la ré-évaluation continue de la balance bénéfice-risque à l’échelle populationelle dans une logique préventive. Elle repose sur une réglementation qui implique l’ensemble des acteurs de la santé, organisations étatiques, industries pharmaceutiques, professionnels de santé et patients.

L’action principale consiste à reporter des événements indésirables, traditionnellement assurée par les professionnels de santé, mais peu suivie pour causes de procédures complexes et longues. Depuis 2011, le patient peut désormais reporter lui-même les événements indésirables qui le concernent sans passer par le professionnel de santé dans un objectif d’amélioration du taux de déclaration, et d’une meilleure maîtrise de sa santé par les patients. Ce changement n’a cependant pas eu l’effet escompté avec très peu de modification dans le taux estimé d’événements reportés.

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En France, la start-up EveDrug a décidé de s’attaquer à ce sujet en mettant une dose de e-santé dans le processus de pharmacovigilance avec l’application My eReport : une application gratuite de santé publique permettant de notifier les effets indésirables des médicaments, tout en s’informant sur ces mêmes effets. My eReport permet donc à toute personne (patients, proches, professionnels de santé) de pouvoir déclarer de façon simple, rapide et sécurisée, un effet indésirable depuis tous types de terminaux mobiles, et depuis n’importe quel pays de l’Union Européenne. A l’international, d’autres applications du même type sont disponibles telles que AgReporter (Aris Global), PV Intake (Foresight), Medwatcher (Epidemico), ou Reportum (MyMed&Me).

L’une des applications courantes et en pleine expansion de la télémédecine concerne la télésurveillance des maladies chroniques. La télésurveillance permet à la fois un meilleur suivi de la pathologie par le professionnel de santé avec une réactivité améliorée en cas d’adaptation thérapeutique nécessaire, et une augmentation des compétences des patients dans la gestion de leur santé et de leur pathologie. Ces applications concernent aujourd’hui principalement le diabète, l’insuffisance cardiaque ou les troubles du rythme cardiaque, où un traitement incluant un ou plusieurs médicaments est nécessaire.

De ce fait, il serait aujourd’hui théoriquement envisageable d’intégrer l’une de ces applications de e-pharmacovigilance aux applications de télésurveillance médicale. Celles-ci étant principalement gérées par des plateformes en ligne, un icône dédié à la déclaration des potentiels événements indésirables pourrait être inclus dans le but d’accroître encore plus les possibilités de déclaration. Par exemple, un patient diabétique participant à un programme de télésurveillance  ayant un événement indésirable de type nausée ou vomissement pourrait le déclarer directement par le biais de son application de télémédecine. Qu’en pensez-vous ?